Elle se perd dans la douceur des façades,
comme une frontière invisible, inaccessible.
Elle avance, murmurant dans ses balades,
comme si l’entendre était impossible.
Quand le soleil se lève,
elle danse entre les arbres.
Quand la pluie tombe,
elle se réfugie dans les nids d’oiseaux.
Quand le vent s’élance,
elle suit les feuilles mortes.
Elle se sent seule dans les rues agitées,
où chacun fixe son écran.
Toute sa souffrance reste enfermée,
mais elle refuse de perdre son élan.
Et quelque part, dans la ville sombre,
elle sent des regards posés sur elle.
Comment est-ce possible ?
Peut-on voir une voix ?
Pourtant, des mains s’ouvrent,
une porte l’accueille.
On l’invite à entrer
dans un royaume rare :
celui de l’écoute.
Elle hésite,
mais la lumière dans les regards
finit par la convaincre.
Aucun jugement.
Aucun formulaire.
Seulement des bras ouverts,
et des cœurs au parfum solaire.
Elle s’assoit.
À ses côtés :
la dépendance,
la maladie mentale.
Puis viennent
la patience,
la conscience.
Elles parlent.
Elles se reconnaissent.
Et pour la première fois,
la voix pleure.
Elle comprend enfin
ce que signifie
ne plus être seule.
Alors elle repart,
traversant la ville,
portant un secret précieux :
la bonté existe encore.
Et elle a un nom.
Stëmm vun der Strooss
Date: 01.04.2026